
What Aurel’s friends think she does.

What her lovers think she does.

What she thinks she does.
What she really does.
What Aurel’s friends think she does.

What her lovers think she does.

What she thinks she does.
What she really does.Depuis ma dernière publication, vous vous demandez pourquoi j’ai choisi ce titre. Vous êtes même, peut-être, un peu déçus de constater que cette pauvre Ju(lie), elle aussi, cède à la mode de mettre du “Bref” à toutes les sauces. Vous me soupçonnez, avouez-le, de nourrir de coupables fantasmes sur Kyan Khojandi, que j’ai déjà évoqué ici, il est vrai, à l’occasion du nécessaire article sur les fuckfriends.
Amis, rassurez-vous : tout est lié.
Enfin quand je dis “rassurez-vous”, je ne parle évidemment que des potentielles inquiétudes sur ma santé mentale. Le lien entre l’amusette accessprimetime générationnelle et mes atermoiements immobiliers n’a, de fait, rien de rassurant.
Mais reprenons dans l’ordre.
Je vous ai laissés sur un teasing de folie, sous-entendant que Votre Servante, ayant pour une fois enfin malgré tout trouvé compagnon, s’apprêtait à céder à la Trentaine approchante et à considérer l’option Pavillon/Labrador/Clio en Couple comme plausible.
Simple effet d’annonce. Respirez.
TOUTEFOIS, si vous avez lu l’épisode précédent, un détail ne vous aura pas échappé: il fut un temps où j’enregistrai une recherche immobilière intramuros en vue d’une colocation.
Ce qui signifie en clair, que tandis que je m’usais les yeux à décrypter les annonces pour des studios hors de prix dont je vous ai livré les clés précédemment (celles des annonces, pas celles des studios), je continuais de recevoir de fort alléchantes accroches pour des Trois-Pièces Pas-Chers-A-Deux. (Quand je dis “pas chers”, tout est relatif. Nous sommes à Paris, je le rappelle à mes lecteurs de Jouy-en-Josas: je voulais dire “abordables”).
Et là, forcément, ça devient tentant. Dans la mesure où l’Homme zone fréquemment dans mon (mignon mais bruyant) 30m2 actuel, ça devient tentant.
Conseil: lire le paragraphe qui suit en écoutant un son ad hoc.
♥ ♥On aurait une surface humainement acceptable. Pour seulement deux tiers de SMIC chacun. On aurait une Cuisine, avec un endroit pour découper nos tomates – autre que la machine à laver, et j’apprendrais, Ô oui j’apprendrais, d’autres recettes que celle des Pâtes aux Restes de Frigo. On aurait une salle de bains et je n’aurais plus à délocaliser les étapes maquillage/habillage à l’extérieur de la Salle d’Eau (ni à me balader à poil devant mes fenêtres, du coup). Et puis ,il n’aurait plus besoin de “passer chez lui chercher son chargeur/son PC/un caleçon propre”. Dans la Pièce supplémentaire, on mettrait l’Indispensable – un bureau ! Un studio! Un dressing! Un home-cinéma ! Du bordel de geek pour le neutraliser quelques heures ! (à ce stade,dans ma tête, la fameuse pièce supplémentaire fait au moins la taille de l’appart). Je pourrais même bosser quand il est là. La vie serait Merveilleuse. Et Désinvolte.♥ ♥
Vous pouvez couper le chant des oiseaux.
Car c’est alors que Kyan décida de mettre fin au suspense qu’il entretenait depuis deux épisodes de Bref, où le “héros” se trouve face à une situation délicate. Et, accessoirement, à l’onirisme ornithologique sus-mentionné.
Voici.
Ah, pardon. J’ai oublié de vous prévenir de ne visionner cet épisode qu’à partir de 1.27 mn. C’est un des plus nuls de la série. Désolée, Kyan. Mais il est nul, ton épisode. Aucune fille saine d’esprit ne se battrait pour toi à coups d’insultes puériles en te laissant manger tes knackis, voyons. Mais là n’est pas la question.
La question est que depuis deux jours, la France, lasse de se déchaîner pour savoir qui du Nain ou du Flan est le moins indigne de son peuple, se déchire : entre la “TeamMarla” et la “TeamCetteFille”, le débat fait rage sur la Toile.
Fort bien, fort bien. Ne négligeons pas les questions d’importance.
Il n’empêche que, de quelque bord qu’on voit la chose, on lit les mêmes conneries lieux communs.
Côté #Filles#TEAMMARLA, on a la Lettre de Soutien à Marla de Vie de Garces.
L’extrait qui nous interesse ici – rapport au sujet, toussa- est édifiant:
“Cette Fille est une garce, mais mauvaise. Elle a commencé à sortir, sans qu’on comprenne vraiment pourquoi, avec ce mec dont elle n’avait rien à secouer, et avec quoi le pousse-t-elle à rester ? Un appart’. Vraiment ? VRAIMENT ? A quel point faut-il être perdu pour rester dans son couple pour un appart’ ?”
Ahem. “Perdu”?” Une garce qui se sert de son appart pour le retenir”? On a tellement de sympathie pour la Pauvre Marla au Coeur Brisé et tellement peu pour Cette Fille, aussi chiante que bonnasse physiquement intelligente, qu’on la voit en mégère brandissant la quittance comme une paire de menottes. Or, nenni. Il y pense tout seul comme un gland. Pardon. Comme un grand.
Côté #Mecs#TEAMCETTEFILLE, zieutons donc ce qu’en dit Sélim sur Le Piège à Filles.
Passons sur les arguments discutables mais pas foncièrement absurdes de ce coach en séduction, qui prêche forcément pour sa paroisse. (A cet égard, copines, je ne peux que vous recommander la lecture d’Art de Séduire où Selim sévit régulièrement. Un vrai manuel de la drague, fort utile pour Connaître l’Ennemi – enfin le pseudo-ami, enfin, qui veut vous pécho quoi. Une femme avertie… vaut une femme avertie).
Pro-Marla par atavisme, plus que par conviction (tu t’amènes chez ton PQR, tu le découvres macqué, ben c’est ballot mais tu t’en vas cocotte, that’s all), la rhétorique sus-mentionnée ne m’en semble pas pour autant plus plate que celle des pro-coeurs brisés – mais là encore, sur le sujet qui nous occupe, Selim nous en sort une bien bonne.
” Il paraît que les hommes sont lâches
J’ai été surpris par la raison qui a motivé le héros. Un toit sur sa tête. Seriously ? Je dois avouer que je connais un paquet de filles qui sont en couple, qui n’aiment plus leur copain / mari, mais qui reste avec eux pour cause de crise immobilière. De confort. Ca me fait rire, quand elles me racontent ça (sur l’oreiller).Là, j’ai été déçu. Ce n’est pas une raison valable pour un homme. Depuis quand on se fait entretenir par une femme ? J’avais envie de croire à une explication plausible : « Je t’aime toi, la brune », ou encore « tu es la plus belle fille que j’aie jamais rencontrée. »”
Une explication plausible? Pas une raison valable pour un homme ?.. Tiens donc. Notons que le monsieur fait preuve d’une certaine logique dans son argutie: selon lui, pour une femme, c’est valable, et c’est drôle à entendre sur l’oreiller. Ne nous gênons plus et squattons allègrement.
Là-dessus, force est de constater qu’il déconne, certes, mais avec cohérence, on ne peut le nier. Mais le cynisme teinté de machisme, inévitable de par la Mission qu’il s’est assignée en ce bas-monde, se trouvent pris en défaut lorsque Selim se montre aussi naïf qu’une jeune pucelle.
Qu’il se dise à ce point surpris relève soit de la mauvaise foi la plus éhontée, soit du pur fantasme auto-appréciatif pour ses congénères.
Car, enfin… Bref n’a pas vocation à glorifier la gent masculine. Bref se veut drôle, parce que réaliste. Et à cet égard, Soyons Désinvoltes vous l’a dit avant tout le monde: LE TPP CONCERNE AUSSI BIEN LES HOMMES QUE LES FEMMES.
Eh non, Sélim, tu n’es pas le seul à avoir ouï relater ce genre de con-fessions intimes. Quoique pas “séductrice” pour un sou, Votre Servante, elle aussi, a naguère prêté son oreiller à semblables atermoiements. Une seule fois, certes – bien qu’un soupçon plane sur un autre specimen – la chambrette de mon (exquis) F2 n’étant pas un Etap’Hôtel des plus courus. La nuance étant que si cela me faisait rire, c’était de ce rire phosphorescent à force d’être jaune -histoire d’éclairer un peu la noirceur de la chose. Ajouter que le jeune homme en question surnommait alors Votre Dévouée “Marla” (c’était avant Bref et le charisme de Bonnasse Bonham Carter éclipsait habilement les implications infâmantes d’un tel surnom) ne servirait qu’à charger un dossier déjà fort alourdi par nombre d’indices laissant supposer que l’individu en question a bien fini par quitter sa propriétaire coloc logeuse concubine, dès lors qu’il lui fut offert de s’installer en-dedans (les murs) d’une tierce donzelle.
Les hommes ne sont pas “lâches”. Enfin, si, mais pas que. La lâcheté masculine est un euphémisme, un arbre cachant une forêt broussailleuse, quoique fort peu vierge.
Disons-le sans détours: l’homme est surtout une pute comme les autres. Mais la femme n’est pas (toujours) cliente dans l’âme.
Trop souvent, elle n’est que naïve.

BREF.
La France s’émeut donc de découvrir, via Bref, un concept dont l’idée seule paraît improbable aux bonnes gens des deux sexes: la mixité de la putasserie ordinaire.
MAIS.
Blâmer sans concession ce type de comportement reviendrait à nier la Réalité du Marché.
Avant que de devenir cet endroit Maudit, mon – choupinet – F2 fit bien souvent office de Radeau de la Méduse – ou, pour reprendre l’expression d’une concernée, d’APL. Pour Auberge-Post-Love.
Accueillir, par deux fois, des Gens Rupturés sur mon clic-clac pour des durées supérieures à mes derniers contrats de travail, ne m’avait guère conditionnée à la hâte de passer à l’étape Vie à Deux. Je ne connais, moi, nul clic-clac où m’échouer en cas de clash avec l’Homme. Homme que je n”aurais pas non plus – encore ma nature bêtement Bisounoursienne – coeur à envoyer putasser chez une quelconque gourgandine pour s’éviter de sombres nuits sur le pavé pluvieux – ou, encore moins, de putasser chez moi. Chez nous. Enfin BREF.
A l’heure où j’écris, un compromis est en cours d’étude – un truc suffisamment tarabiscoté pour EVENTUELLEMENT être safe, une sorte de capote sur le bail, tant qu’on ne baille pas sur les capotes.
Dans l’envolée onirique précédemment exposée, j’ai omis un détail: ça se passerait dans un monde où changer de lieu de vie ne relève pas du casse-tête. Où, le cas échéant, on puisse prendre ses cliques,ses claques et son clic-clac sans demander son reste – enfin, sans demander à sa grand-mère où elle en est, question vélo, et sans avoir à gérer son timing sentimental sur la pérennité de ses capacités cyclopèdes. Où “voir si habiter ensemble ça le fait” ne reviendrait pas à “s‘engager pour les Siècles et les Siècles devant Dieu le proprio, au risque de rester pour une quittance comme jadis nos parents pouvaient rester “pour les enfants”, amen.
Où au moment de s’enthousiasmer niaisement sur notre romance, on ne soit pas contraints, déjà, d’en protéger la fin.
BREF, je cherche un appart – avec placard à Homme et garanties anti-putassières. Déposez vos offres au Dubai Café.
Tags:#TEAMCETTEFILLE, #TEAMMARLA, bel ami, Bref, cettefille, F3, Kyan Khojandi, lepiegeafilles, lhommeestunepute, madmoizelle, Marla, Selim, vie à deux, viedegarces
Mes bons enfants, l’heure est grave.
Comme mes fans sur Facebook – clique sur “j’aime” toi aussi si tu m’aimes amis et connaissances le savent, voilà bien deux mois que je suis en quête urgente d’un nouveau logis en notre belle capitale.
Pour vous la faire courte, sachez simplement que les articles de ce blog ont été écrits, dans leur très grande majorité, après 2h du matin (ou alors, entre deux missions/RDV Paul E.).
2h/15h (14h le week-end) étant en effet le seul créneau horaire lors duquel mon -charmant, au demeurant- F2 jouisse de la Paix auditive nécessaire à toute activité, je dis bien toute,sommeil et glandage devant un DVD compris. Pour le plus grand mal de mon – central et pas très cher, au passage -appartement sis au premier étage, le rez-de-chaussée est occupé par un bar à chicha, ouvert tous les jours ou presque de 15h à 2h, accueillant une clientèle fort remuante et fort bruyante, adepte des remix de Takfarinas par Cascada et du “Happy Birthday” de Dorothée. L’isolation de l’immeuble étant ce qu’elle est – inexistante -, nulle solution viable n’a été trouvée à ce jour pour votre servante dont les nerfs commencent à requérir un traitement à base d’héroïne pure d’Euphytose.

(Ne le louez pas. C’est un piège. Ne le louez pas. Je vous aurai prévenus).
BREF.
La Quête d’un Logement à Paris, c’est un peu comme la Quête du Graal, en plus trash. Parce que personne n’aurait eu l’idée de demander à Lancelot and co si leur grand-mère faisait du vélo – ou si leurs parents payaient au moins l’ISF pour être dignes d’être garants.
Passons sobrement sur ces détails. Dans la jungle du Monde Moderne, chacun a ses petits trucs de beauté pour dossier moyennement joli, sur lesquels nous jetterons un voile prudent pudique.
Sachez simplement que lors d’une courte période, Votre Servante envisagea, pour réduire les frais, une Colocation. Hypothèse vite enterrée pour diverses raisons, le caractère “moyen-bof” des deux dossiers en présence n’étant pas des moindres.
Et concentrons-nous sur la Quête en elle-même.
TYPOGRAPHIE DU LOGEMENT PARISIEN
Une recherche rapide sur Sabriter.com vous l’apprendra: pour le prix d’une villa partout ailleurs, à Paris, vous pouvez envisager un 30m2 dans un quartier passable. Par “quartier passable”, j’entends:
- La Banlieue, où le premier métro est à 10mn en Vélib – avec un peu de chance, il y a une station de RER moins loin, ce qui vous octroie généreusement la permission de minuit moins dix le week-end,
- Les quartiers dits “populaires”, qualificatif se confondant parfois – mais pas toujours- avec “mal famés”, de nature à réveiller la Peur pour toute femme passablement jeune susceptible de rentrer seule, tard et à quatre pattes pompette. Deviner si un emménagement dans ces quartiers fera de vous une protégée des caïds ou une statistique de commissariat relève souvent du pur instinct,
- Une Porte de Machin, avec le métro mais excentré, le Périph sous vos fenêtres, etc.
Ceci étant posé, c’est la nature même du logis qui est à questionner.
Dans trente mètre carrés, on peut faire un grand studio, ou alors un petit deux-pièces. Le premier présente l’avantage indéniable d’offrir la place nécessaire à des apéros entre amis de plus de quatre personnes. Le second, toutefois, présente d’autres charmes, comme offrir la possibilité de planquer son bazar dans l’intimité de sa chambrette les soirs desdits apéros, ou, last but not least, celle d’accueillir des gens – un individu de sexe masculin, au hasard – pour tout un week-end sans être complètement scotchés l’un à l’autre.
O paradoxe que celui de la femelle suffisamment macquée pour prendre ces choses en considération, mais encore trop remuante pour expédier la question des retours nocturnes – O schizophrénie.
BREF.
COCASSERIE DE PRÉSENTATION DES LIEUX
La recherche étant dûment enregistrée sur Sabriter.com et DarnaqueuràArnaqué.fr, vient le temps de décortiquer les annonces.
C’est là que se terrent quelques pièges et autres “spécificités parisiennes”.
Le Coin Cuisine Avec Habillage Carrelé. Invention diabolique s’il en est, à mon avis fomentée par le lobby satanique des vendeurs de pâtes. Pas moyen de caser des rangements à moins d’un mètre au-dessus de la tête du malheureux locataire, qui, de plus, faute d’un plan de travail digne de ce nom, se voit contraint à une alimentation des plus monotones – la grillade étant facteur de graisse et d’empuantage, le légume difficilement cuisinable sur évier gondolé où s’échoue, quoiqu’il en soit l’égouttoir, le BOUILLI reste de mise. Miam.
Dans le genre ” Dépendances effrayantes”, vous trouverez également des “salles d’eau avec WC”.

Mes lecteurs non-parisiens l’apprendront avec délectation: autrefois, à Paris, on ne se lavait guère. Traduisez: nombre de logements ne bénéficiaient pas d’une salle de bains, que non Madame. Aussi, afin de mettre aux normes du XXI eme siècle ces habitations d’un autre âge, moult propriétaires installèrent douche, lavabo et sanibroyeur dans leur placard à balai.
L’avantage, c’est qu’on peut se laver les pieds ou les dents pendant qu’on fait caca.
L’inconvénient, c’est qu’on risque la suffocation si on a le malheur de fermer sa porte en prenant une douche chaude.
A noter que l’inverse existe aussi: le Studio avec baignoire, grand lavabo, toilettes séparées avec lave-mains supplémentaire, dont la pièce à vivre(pas la chambre non, la Pièce à Vivre) présente une surface de 10m2. Dans ce cas, il faut s’organiser: allez dormir dans la baignoire.
Et puis, il y a ces photos pour le moins… mystérieuses. Dont l’intérêt m’échappe. Passons sur les photos du hall, seule disponibles – variante: de la façade de l’immeuble, ressemblant à n’importe quelle façade d’immeuble.
Passons aussi sur les photos représentant l’appart en l’état – mais vraiment en l’état, c’est à dire qu’on est fort heureux de savoir qu’il y a un Franprix pas loin, vu les sacs plastiques estampillés du logo magique qui traînent un peu partout, au milieu du linge sale jonchant le sol.
Mais ÇA, je ne comprends pas. Je ne comprends pas. Je ne comprends pas.

Enfin, à la lecture même de l’annonce, il est important de savoir lire entre les lignes.
-Quartier animé : beaucoup de passage, le doux chant du klaxon le matin au réveil. Des bars partout – de quoi emmener vos potes festoyer, certes, mais aussi des gens bourrés qui fument sous vos fenêtres, voire, font pipi contre la porte de votre immeuble.
-Coquet studio : mi-nus-cule.
-Idéal jeune couple : signifie qu’avec ton mec vous avez passé l’étape de la Clio payable sur 5 ans, que vous n’avez plus de besoin vitaux en termes de rebeus/bars/Franprice, et que vous songez à procréer à moyen terme. Appart paumé, donc.
-Vue Tour Eiffel : au 8eme sans ascenseur.
-Charme de l’ancien : parquet qui grince, cheminées hors-service rendant l’aménagement compliqué, “coin cuisine” ET “salle d’eau WC”, isolation sommaire.
-Confort du neuf, belles prestations: charges à 50% du montant du loyer.
-Atypique : prévoir que le frigo ne peut se brancher que dans la salle de bains, et que la prise Numéricable se situe dans la cuisine.
-Studette, idéal étudiant : le logement ne fait pas les 9m2 réglementaires, se situe dans un coin paumé, n’est accessible que par l’escalier de service et coûte 550€ hors-charges. Mais estime-toi déjà heureux qu’on accepte ton dossier, le Jeune.
BREF.
Tout cela étant entendu, reste à faire face au Paradoxe du Propriétaire.
Le Propriétaire souhaite – et on le comprend aisément – que ses locataires aient un travail. Un Vrai. La notion de Vrai Travail étant, ces temps-ci, aussi floue qu’à la mode, retenons simplement que le Propriétaire requiert un locataire en CDI.
Soit.
Alors, qu’on m’explique, par pitié, pourquoi le Propriétaire fait-il visiter son bien précisément aux heures de bureau? Pourquoi? Pourquoi, Propriétaire, cette incitation supplémentaire à te mentir – si on est là un jeudi à 15h37, CDI de 35h en main, c’est qu’il y a un petit souci, ne crois-tu pas?
BREF.
C’est dans ces moments-là que la faiblesse s’empare de nous. Qu’on se dit que, ah, si seulement j’étais pas seule pour chercher. Ah, si seulement j’étais pas seule pour payer. Ah, si seulement j’étais pas seule – si seulement j’avais un partenaire domestique, on s’en irait par les routes de Jouy-en-Josas en quête du pavillon de nos rêves, gambadant joyeusement dans les champs avec Totor le labrador et… ah…
…ah… mais… au fait… qu’est-ce que je disais, il y a quelques paragraphes, concernant ma situation copulaire maritale?
………… To be continued……
……….#Teasing de ouf#Procrastinationrepresent ………..
Tags:coin cuisine, Dubai Café, F2, ideal, recherche appart Paris, salle d'eau, studio
Amis de ma génération, IL SUFFIT.
Quand Facebook est arrivé dans nos vies, c’était, pour nombre d’entre nous, un merveilleux moyen de partager ses photos de vacances avec les amis qui en faisaient partie. Le tag, cette invention merveilleusement égocentrique, nous permettait de retrouver toutes les photos de Dudule avec son maillot Athena qui choit dans le ressac, et c’était beau.

Puis nous avons grandi. Ou mûri. Ou vieilli, selon les individus.
D’aucuns se sont pris d’une affection sans bornes pour la modification de situation amoureuse, cette invention merveilleusement exhibitionniste. Qui n’a jamais connu la fierté de s’afficher glorieusement “fiancé” au moyen d’une notification envoyée à ses 200 amis, potes et autres vagues connaissance, n’a sans doute jamais goûté la joie d’un montage Photoshop entourant sa photo auprès de son bien-aimé d’un seyant hâlo rose – en forme de coeur, pour les plus enragés d’entre nous, et en profile pic, siouplé.
A noter que les célibataires chroniques, comme votre servante qui ne reniera jamais Sa Famille, se divisèrent alors en deux camps: ceux qui clamaient haut et fort cet état, dans l’espoir à peine masqué d’attirer le chaland – ou, plus souvent, la bonnasse -; ceux-là même qui ont le plus de chances de se retrouver concernés par le paragraphe précédent, et par celui qui va suivre. Et ceux qui, à l’instar de Votre Dévouée, se refusent carrément à renseigner leur “statut relationnel”. Cette attitude résulte généralement d’un mix, dosé selon le coeur de chacun, de désespoir et de prudence, planqué sous le fallacieux prétexte de “pudeur”.
Désespoir, parce que personne n’a envie d’un statut “Célibataire” qui s’éternise – surtout en cas de drague active et éhontée sur ledit réseau social.
Prudence, parce qu’on a tous eu au moins un couple d’amis dont on a appris la rupture avant qu’ils nous en parlent, au délicat moyen d’une notification envoyée à 200 personnes avec un petit coeur brisé en icône illustrative, et que de cela non plus, on n’a pas envie.
Pudeur, enfin, un peu quand même – soit qu’on se refuse à basculer dans la tendance “photo de Couple nimbée de rose” – celui qui me fera une relationship status request se verra automatiquement relégué au rang d’Ex Peu Glorieux -, soit qu’on n’ait pas envie que nos 350 contacts soient informés du moindre fuckfriendage bouleversement sentimental dans notre vie instable, soit enfin – allons-y carrément – qu’on ait quelque chose à cacher – une copine, par exemple, lorsqu’on souhaite continuer à draguer tout ce qui bouge son boule dans notre fil , et son fil de string dans son boule.
Mais ceux-là restent minoritaires.
La plupart d’entre nous sont adeptes du lien cliquable vers Leur Moitié, permettant ainsi à n’importe quel stalker du dimanche d’aller voir “juste comme ça” la tronche de leur cher et tendre. Soit.
Ainsi ma génération blettit-elle.
En toute logique, ceux qui convolèrent assaillirent-ils leurs pauvres “amis” de clichés de ladite cérémonie, vidant bien souvent leur carte mémoire et spammant copieusement, au passage, leurs fils d’actu.
A ce stade, mes bons enfants, permettez-moi de vous dire que ça devient déjà un tantinet relou. Trois cent cinquante photos de mariage, pour les gens qui ne connaissent pas la famille des deux mariés sur trois générations, c’est autant de clichés de Gens Qu’on Connaît Pas. Endimanchés. Et, qui plus est, un peu bourrés. La torture – surtout, avouons-le, pour le Célibataire Chronique qui consulte solitairement son Facebook en plein mois d’août – soit la Saison des Développements Photoshopages de Photos de Mariage .

Ceci est un vrai tuto trouvé sur le web. Tuez-moi si j'en fais un.
Mais enfin, après tout, ça ne regarde que vous – et ceux que vous reloutez avec votre bonheur en meringue.
C’est à l’étape suivante que ça se gâte – VRAIMENT.

Vous faites des enfants. Fort bien. Il faut bien s’occuper: certains montent bien leur boîte, après tout.
Mais, les amis, CESSEZ de mettre des photos de ces pauvres gosses dès la maternité, enfin!
Inconscients que vous êtes, votre bonheur parental vous rend aveugles à quelques évidences, qu’il est du devoir de ce blog de rappeler ici.
1- Un nouveau-né, c’est moche. Et pas très interessant.
Réalité impensable, pour vous qui posez un regard vaseux attendri post-partum sur votre Huitième Merveille du Monde , et pourtant universelle: ce que vos amis voient, c’est une grosse saucisse. Et encore, certains de vos amis aiment voir des grosses saucisses, mais pas des comme ça.
Je sais, c’est dur à croire, mais ce truc tout rouge, affublé d’un bonnet-prénom, d’une grenouillère-Maya l’Abeille ou, pire, d’une couche d’hôpital d’où sort un nombril encore sanguinolent et béthadiné, ça ne motive pas des masses à l’heure des cornflakes.
J’ai pire encore à vous annoncer: ne croyez pas un mot des cinquante-sept commentaires qui, trois heures après la publication des photos, prétendent que le petit William ressemble “tellement à son papa” (Xavier Sorint, au hasard). A ce stade, on n’en sait rien. Mais on est poli.
On a tort, d’ailleurs, parce qu’à s’être senti obligé de liker l’album “Bienvenue, William! ” (62 photos identiques), on se tapera TOUTES les notifications relatives audit album que vous poursuivrez – au moins- jusqu’au suivant (Les 1 an de Willy <3). Y compris celles des potes de collège de la belle-soeur, aussi édifiantes que “kel bo bb!!!!! jen vx un kom sa loool! bravo a vs 2“). Et ça, c’est horrible.

"Dislike button".
Je frémis d’avance de découvrir bientôt des photos de l’accouchement. Je suis sûre que ça existe déjà, dans certaines contrées des Etats-Unis, ou des zones de vote FN tournage de Confession Intimes.
Voire, de la conception. Ce qui serait encore préférable, pour vos amis amateurs de saucisses.
2-Votre progéniture vous ressemble. Sans doute. Mais pas tant que ça.
CESSEZ de mettre la photo de votre gosse en profile pic. Si vous êtes cinq à le faire, on ne s’y retrouve plus. La Palme du Relou revenant à celles ceux qui mettent en profile pic, non la photo de leur enfant, mais de leur neveu/filleul/gosse d’un(e) pote pour-envoyer-comme-message-subliminal-”j’en-veux-un“.
3-L’enfance, c’est passionnant. Pour les parents.
Autre vérité cruelle: ceux qui ne connaissent pas personnellement votre résidu placentaire se contrefoutent de leur première bouchée de purée de carottes. Inutile d’en poster le roman-photo. Ou, pire, la vidéo. Ca vaut également pour le premier rototo, les premières dents et le premier caca sur le pot. Tenez-le vous pour dit: quoiqu’en disent les 47 commentaires (“c 1gd garçon mnt loool“), ON S’EN FOUT. On préfère encore les photos de Dudule bourré aux trente ans de sa fuckfriend, c’est plus marrant. C’est dire
4- L’enfance, c’est la teu-hon. Pour les enfants.
Dans quelques années – “oh didonc ça passe viiitttte” – Willy aura son propre Facebook. Et ses potes aussi, s’il en a. Et donc, ces charmants souvenirs seront aisément visibles.
Quand j’y pense, certains clichés, précieusement lovés dans les albums maternels, me font rétrofuturistiquement frémir. Celui où je suis toute nue sur une table à langer, dressée sur mes coudes (“t’as vu elle se tient déjà sur ses couuudes!“), avec, en toile de fond, paquets de Pampers et boîtes de Tampax maternels -coucou, Maman!-. Celui où je fais pipi dans le jardin, habillée d’un chapeau de paille et d’une robe trop courte (“elle est choupineeeettte !” ). Ceux de la Fête de l’Ecole, l’année où la maîtresse avait décidé qu’on se déguiserait en Chevaliers – avec des “armures” en Handybag (quelle salope). Et j’en passe. Lorsque je me replonge, nostalgique, dans les albums photos des années 80, je suis heureuse que cette tendresse pour mon enfance ne se teinte pas de la sourde angoisse : “mais est-ce que Maman avait mis ça sur Facebook?“
Heureux Parents, pensez-y: Willy sera-t-il heureux que ses 1653 contacts (oui, dans douze ans, les réseaux sociaux ce sera VRAIMENT n’imp) sachent qu’il avait des poils PARTOUT à la naissance? Se félicitera-t-il autant que nous de cette charmante image annotée “Tit Wi-Wi a la varicelle et se gratte au sang :-( ” (bon app, au passage) ? A-t-il seulement MÉRITÉ ça?
Allons, allons. CESSEZ.
Sauvez Willy.

Tags:bébé, enfant, Facebook, famille, honte, mariage, relationship status
Si vous voulez mon avis, James Cameron est une feignasse. Evidemment pas une feignasse comme vous et moi (enfin, pas comme moi en tous cas), procrastinant le naufrage de son appartement en élucubrations bloggesques. Mais une feignasse.
Voyez plutôt: après la sortie de Titanic en 1997 -avec le succès que l’on sait-, on commence par rester sans nouvelles de Jimmy jusqu’en 2009. Avec son goût bien connu pour les petits films intimistes, il nous envoie alors dans la tronche Avatar, dont le seul principal intérêt ne réside certes pas dans le scénario, fruit probable d’un trip sous acides accouplant Pocahontas avec les Schtroumpfs, mais dans les premiers effets 3D crédibles depuis les lunettes à un oeil rouge et l’autre vert fournies avec le Super Picsou Géant de juillet 92.
![]()
Notons ici qu’Avatar est à l’heure actuelle le plus grand succès du box office mondial, en terme de recettes, juste devant Titanic.
James est une feignasse, mais une feignasse efficace.
Et, en bonne feignasse efficace, histoire de se renflouer un peu sans trop se creuser la tête en attendant de réaliser Avatar 2 et 3, James s’est donc dit que, oh bah tiens, le Titanic, ça fait cent ans qu’il a fait bloup, cette année. Le bateau, pas le film. Le film, aux US, ça fait tout pile quinze ans qu’il est sorti.
Soit une double raison pour nous le resservir en 3D.
Admettons au moins une chose: ressortir Titanic avec la technologie d’Avatar, c’est tout de même plus sexy que l’inverse. Bref.

Il a un truc avec le bleu, depuis les années 2000, James.
Notez comme cette splendide affiche rappelle les posters vendus par les pions aux heures de perm’ de nos années collège. Genre, ceux avec des têtes de loup sur fond de paysage lunaire. Voire, pour ceux dont la préadolescence fut particulièrement honteuse, avec des dauphins. Remember?

Mais si, vous avez connu ça. Peut-être était-il un peu moins moche -un peu-; peut-être était-il dans la chambre de votre grande soeur et, Dieu merci, pas dans la vôtre. Peut-être aussi aviez-vous plutôt opté pour le papier à lettres correspondant – avec l’image en filigranne et les enveloppes assorties. Mais ce type d’images vous évoque forcément quelque chose, et pas uniquement de la honte, dans le secret de vos petits coeurs de vieux ados.
Quelque chose comme de la tendresse. Non?
Bon, l’exemple du poster moche n’est peut-être pas des plus heureux.
Mais, moi qui ne supporte pas les histoires d’amour au cinéma, qui ne suis pas fan de 3D et qui n’aime pas les blockbusters, là, il FALLAIT que j’y aille. Je le devais à la jeune vierge effarouchée que j’étais,début 1998, à sa sortie française.
Là, si vous n’êtes pas une jeune femme née entre 1980 et 1985, vous risquez de ne pas bien comprendre.
1998, dans une bourgade perdue aux confins du 77.
Ouep. Je vous l’ai mise en VF.
Parce qu’en 98, la VO y’avait pas ça chez moi. Et de toute manière, la VO, c’était pour les cours d’anglais dans la salle d’ordinateurs,autour d’une VHS d’une antique version téléfilm d’Orgueil et Préjugés, alors, ça ne serait venu à l’idée de personne de la réclamer.
J’ai vu Titanic le jour de sa sortie, avec mes parents. On fait plus glam, évidemment. Mais ça m’a permis de le voir un peu avant que la déferlante DiCapriomania ne s’abatte sur nos tronches à toutes, marquant à jamais nos souvenirs cinématographiques. J’exagère? Que nenni.
Lors de ce premier visionnage, en 98, je dois avouer que Titanic est le premier film à me faire pleurer. Disons que je n’étais pas une hyperactive des lacrymales. Mais là, je me retrouve à chialer comme une gosse sans bien comprendre ce qui m’arrive – d’autant que, déjà à l’époque, mon mépris du niais me fait aimer les histoires d’amour au ciné à peu près autant que Chasse et Pêche lors de mes insomnies précoces.
C’était ça ou Céline Dion.
Titanic, c’était aussi -et c’est resté, à ce jour – le seul film que j’ai vu plusieurs fois au ciné. L’avoir vu avec Papa-Maman ne devait en aucun cas me dispenser d’”aller revoir Titaniiiiiic ! Avec LEODICAPRIOOOOO !” avec mes copines, dont certaines en étaient pour leur part à leur troisième ou quatrième fois. Puis avec un copain crypto-gay -mais là, j’avoue m’être barrée avant la fin, parce que bon, trois fois trois heures, en un mois, c’est juste un peu too much.

La masse lycéénne découvrait Léonardo et se pâmait jusqu’à l’hystérie. Pour ma part, le blondinet au carré, je l’avais découpé dans Starclub et collé dans mon agenda quelques années auparavent. En 98, je savais déjà que les blonds, mouaif, et les bretelles de Jack me laissaient froide comme l’Atlantique un soir d’avril. Je me gaussais donc desdites amies confites devant Carpaccio.
En revanche, j’ai découvert l’acteur. Un très bon acteur, à mon sens, soit dit en passant – et heureusement, d’ailleurs, que j’appréciais son jeu.
Car outre les trois visionnages de Titabloup, il a FALLU -absolument fallu, pas de dérogation possible malgré mes gausseries – que je me tape TOUTE sa filmo en VHS. Glbert Grape. Basketball Diairies. Rimbaud-Verlaine. Romeo + Juliet.
Impitoyables, aveuglées par l’Amuuur, mes copines irent même jusqu’à me traîner devant une des Pires Daubes de l’Histoire du Cinéma:
Oui, vous pouvez compatir.
Qu’avouerai-je encore? Que nous nous prêtions la cassette (oui, la cassette, pour mettre dans nos walkmans – en ces temps obscurs, je ne possédais pas encore le graveur de CD qui devait assurer ma fortune l’année suivante), pour qu’on puisse s’enregistrer la BO? Que nous connaissions chaque thème par coeur? Pire encore, que ce “par coeur” incluait les paroles de la chanson de Céline Dion, slow incontournable des boums de cette année-là?

Non, là, j'allais pas vous l'imposer en video. Je ne suis ni cruelle ni suicidaire.
2002 et le Serment Solitaire
Le temps passa. Comme souvent en France, l’opinion se mit à brûler ce qu’elle avait adoré. Titanic devint pour beaucoup un film guimauve interminable. Leo prit du bide, vengeant ainsi les hommes de ma génération qui ricanèrent de l’engouement passé pour sa virilité douteuse en continuant, par ailleurs, à se pignoler devant Fight Club.
En 2002, TF1 diffusa le film. (Déjà) célibataire chronique, je me risquai à y jeter un oeil, seule dans mon petit studio d’étudiante. Seule. Seule. Seule.
Chopant un cafard monstrueux au premier “si tu sautes, je saute”, je me fis alors le serment de ne JAMAIS revoir ce film tant que je n’aurai pas un Homme pour me tenir la main.
Et je ne l’ai pas revu depuis.
Tout cela, il me fallut l’expliquer à l’Inconscient l’Homme. Que la vie est injuste, pauvre bichon, mais qu’il se trouve que moi, qui lui ai fait promettre de ne jamais me traîner devant une comédie romantique ou autre machin girlie, j’allais me taper là, Sous Son Règne Récent, le trip le plus girlie qu’il soit depuis quinze ans. Qu’il se trouve, malheureusement , que c’est un trip de plus de trois heures. Que non, il n’avait rien fait de mal, ce n’était ni sa faute ni la mienne mais celle de James, cette grosse feignasse qui avait décidé de ressortir en 3D le film emblématique de mon adolescence, au moment où EN PLUS sa sortie initiale correspond pile poil à la moitié de ma jeune vie (diantre). Et qu’hélas, je ne pouvais même pas lui laisser le choix: le Serment à la Jeune quasi-Pucelle en Moi impliquait obligatoirement sa présence afin que je puisse, enfin, le revoir – amen.
J’arguai enfin que la perspective de voir les seins de Kate Winslet( jeune) en 3D devrait suffire à le consoler, ainsi que le fait de ne pas être natif d’une autre génération; celle qui adula Twilight, par exemple.
Comprenant que je risquais de le quitter très vite au profit de n’importe quel mâle plus conciliant s’il émettait la moindre réticence, l’Homme capitula.
-Mais, tu veux qu’on aille le voir en VF alors?” demanda-t-il, dissimulant tant bien que mal son angoisse.
La VF étant pour moi strictement réservée à Retour Vers le Futur, je rassurai l’Homme.
2012 – Back to Titanic.
Après une bonne semaine passée entre jubilation et autodérision, à beugler MAILLE HEURTE WILL GO ON OHOUHO YEAAAH sous la douche juste pour l’embêter et à revoir des scènes comme celle-ci sur Youtube en ricanant, je posai enfin sur mon nez les lunettes 3D si sexy et adéquates au visionnage de Film d’Amour.
Bah oui je sais les mecs mais fallait pas cliquer, aussi.
Dès les premières images, je commence à comprendre le préjudice qu’a pu causer Céline Dion à ce film. Parce que le flutiau/cornemuse/voix voulu par ce grand sadique de Horner, y’a pas à dire, il fiche bien les boules quand même.
Concernant la 3D, je m’étais laissé dire qu’elle ne vaut pas le coup, qu’elle n’apporte rien au film, etc. Oui et non. C’est sûr que ce n’est pas la 3D d’Avatar, il ne faut pas s’attendre à se noyer ou à se prendre un iceberg dans la tronche. Cela dit, Jimmy et son équipe ont bien bossé tout de même. Les images sont respectées, on n’a même pas mal au crâne. En fait, on s’y fait si bien qu’on l’oublierait presque, en trois heures d’immersion de quand -on-est-pris-dans-le-film… si ce n’étaient ces quelques plans où elle est tellement discrète qu’on se croirait presque revenus en 2D.
Mais l’ouvrage est délicat, précis et apporte un nouvel éclat à un film qui n’est quand même pas de première jeunesse et n’a pas été tourné pour ça.
Mon opinion sur ce point reste donc assez mitigée. Car le spectacle est appréciable, mais, pour en revenir à ce bon vieux trip de minette, la 3D présente quand même un terrible inconvénient: LES LUNETTES.
A quoi sert d’avoir une épaule masculine à portée de tête si on ne peut même pas poser l’une sur l’autre lors de répliques-cultes bien neuneu de type “to make each day count” (j’avais oublié ce truc) sans voir les sous-titres se barrer en live et sans choper le mal de mer – de circonstance, certes, mais gâchant un poil l’instant, toutefois? A quoi sert d’avoir un type à embrasser lors de scènes au flutiau-piano bien guimauve, si rien que lui jeter un oeil vous déclenche un fou rire (ne nous mentons pas à nous-mêmes, TOUT LE MONDE a une tête drôle avec des lunettes 3D) ?Bref, mon goût pour les scènes romantiques au ciné étant ce qu’il est, ce n’est ni un mec, ni la 3D qui pouvaient arranger ça, et pendant toute la première partie du film, l’effet le plus notoire de cette dernière sur ma personne aura été de me donner une irrépressible envie de Guinness pendant la scène de la teuf en 3eme classe.

Concernant cette histoire d’amour, je dois malgré tout admettre qu’elle est bien menée. Il fallait bien ça pour donner un fil conducteur à la narration d’un film de trois heures sur un bateau qui coule, et, bon, on en a vues des plus ennuyeuses.
D’autant que cette première partie présente, fort heureusement, d’autres intérêts – la qualité des images, la précision de la reconstitution des décors et des costumes, le jeu des acteurs qui quoiqu’on en dise, est plus que crédible, le propos sous-jacent sur la condition des femmes il y a – à peine- cent ans. Si aucune fille n’aura oublié la scène du corset, ce n’est pas pour rien.
Et puis, finalement, si la première partie est si longue, si elle prend à ce point le temps d’exposer les personnages, si elle s’éternise en démonstrations de luxe, de détails, de petite histoire dans la grande, ce n’est que pour mieux nous faire pleurer pendant le naufrage.
Parce que là, ça ne rigole plus.
Je ne m’y attendais pas. Je venais goûter ma madeleine de Proust, voir si oui ou non finalement ce film était bon – à la hauteur de ce qu’il a déchaîné comme passions, ou méritant les railleries dont il a fait les frais. Je venais en Grande Fille qui s’offre un pélerinage nostalgique.
Et je me suis retrouvée, quinze ans après, à chialer comme un veau pour de vrai – exactement pour les mêmes raisons que quand j’étais plus jeune, en fait.
Oublions la mort de Jack, dont l’incohérence serait presque un soulagement. Cette satanée Rose n’a manifestement jamais fait de matelas gonflable en vacances, pour le laisser patauger comme ça en s’étalant comme une princesse sur sa porte. Y’a largement la place pour deux et de toute manière, après tout ce qu’ils ont tenté pour sauver leur peau, il eût été de bon ton d’essayer avec un peu plus de conviction.

-J'avais raison, on aurait dû partir avec Costa Croisières.
- Ouais mais vas-y, fais pas ta pute,file-moi au moins ton gilet de sauvetage.
Mais toute cette vanité humaine, toute cette bassesse qui se révèle quand votre vie est en jeu, toutes les questions que ça suscite, aussi – est-ce que je remonterais à bord d’un bateau qui coule, moi, si je pouvais prendre un canot et pas l’Homme; est-il bien sûr qu’il ne me viendrait pas à l’idée de m’accrocher à quelqu’un comme à une bouée quitte à le faire couler, dans la panique; est-ce que je m’attarderai à tenter d’ouvrir une porte fermée à clé si j’avais des trombes d’eau aux fesses? Est-ce qu’on peut vraiment juger, depuis notre fauteuil, ceux qui ont tenté de donner de l’argent pour sauver leur peau -au détriment de celle de quelqu’un d’autre?
Quand on a le malheur de penser à ces choses en regardant couler toutes ces richesses soudainement inutiles, on se sent moins d’humeur à picoler de la Guinness, tout à coup.
Le talent de Cameron, c’est de filmer ce naufrage de manière hyper réaliste, sans pour autant omettre ces petits détails humains qui rendent le spectacle presque insupportable. Là où le spectacle pourrait se “contenter” d’être impressionnant, il touche au coeur, à l’empathie. Ca donne froid, ça donne peur et on se sent impuissant – assez impliqué pour ressentir ça.
Quand Titanic est sorti, la catastrophe datait de 86 ans. L’histoire de la survivante qui raconte, fil conducteur du film, était alors à peu près plausible.
La dernière survivante est morte en 2009 et Gloria Stuart, qui joue Rose âgée, en 2010. J’aurais pensé être moins touchée par cet évènement qui ne concerne plus personne – mais la brièveté, la quasi-evanescence de l’existence humaine, le temps qui passe aussi depuis ma propre jeunesse, me font apparaître avec encore plus de violence l’ absurde et tragique vanité humaine.
Bref. Ca coule sévère sous les lunettes 3D. Je termine la séance pas fière du tout, dépourvue de toute désinvolture, réclamant à toute force une Guinness (et une clope) pour m’en remettre pendant l’ignoble générique de fin – MK2 n’ayant pas souhaité épargner Céline Dion à ses ouailles en rallumant les lumières avant qu’elle n’ait fini.
Alors voilà. Mon verdict quinze ans après, maintenant que tout le monde est
mort, que Carpaccio est gros et que Winslet est blonde, c’est que Titanic est un très bon film. Commercial, ratissant large (de la romance pour minettes au film catastrophe) et tout ce qu’on voudra, mais virtuose – par sa mise en scène, l’emploi de sa technicité et sa narration.
Et moi, j’assume: je suis une meuf.
Mais désinvolte quand même, hein.
Tags:1998, Avatar, celine dion, Chasse et peche, James Cameron, James Horner, Kate Winslet, L'homme au masque de fer, Leonardo di Caprio, naufrage, poster loup college, Titanic, Titanic 3D, Titanic quinze ans après
Que ceux qui ne me connaissent pas personnellement ne s’effraient guère, ce choix de vidéo constitue un hommage des plus Désinvoltes à mes bien-aimés voisins du dessous, le Dubaï Café aka Sheitan Bar.
Non, ce n’est pas MON anniversaire. Celui-là est passé (ou à venir, notez bien que ce serait préférable, en un sens).
Mais, oui, Soyons Désinvoltes a un an. Et quarante articles.
Puisqu’il faut bien marquer le coup, et puisque SD est voué à subir quelques modifications d’importance dans les semaines qui viennent, j’opte ici, pour un ANTEGOTRIP. Que sont mes inspis devenues, que j’avais de si près tenues, et tant aimées? Chevauchons le boeuf en rut et retourverslefuturons.
25 Mars 2011 – Ouverture du blog : Mais pourquoi tu fais pas un blog?
Concrètement? Il y a un an, je suis au Maroc, exilée volontaire pour tenter d’assimiler quatre matières de BTS (deux ans de programme) en trois semaines. Seule, sans voiture (ni surtout, permis), dans une station balnéaire certes plus attrayante que Châtelet-les-Halles mais où il n’y a, il faut l’avouer, pas d’H&M à hanter. Dotée d’un potentiel de procrastination dont peu peuvent se targuer, je me décide – enfin – à répondre à cette question lancinante, et détermine -enfin- une “ligne éditoriale”, consistant, en gros, en l’absence de ligne éditoriale.
Je passe deux heures à chercher un titre avant de décréter qu’on s’en fout, et qu’on parlera ici de choses dont on se fout – ou pas. La fan de Noir Dez en moi accomplit le reste sur une clé 3G de fort ignoble facture.
26 Mars -Précieux conseils
Procrastinant de plus belle, je décide d’exploiter ma seule lecture – Cosmo – me permettant de me détourner des cours sus-mentionnés afin de nourrir mon nouveau bébé. Faut dire que les “conseils pour être bien gaulée sans se torturer” de Cosmo prêtent leur flanc au bâton qu’ils tendent pour se faire battre.
27 Mars. Céline est narrable , Plouf et Charmed.
La procrastination tuant la procrastination, je décide de procrastiner ce blog en recyclant de vieux textes afin de nourrir le bébé avec des choses périmées. De la défiance anti-Céliniens à la Quête du Prince Charmant (arnaque sociale majeure du XXeme siècle et des précédents), il n’y a qu’un plouf – ou comment non-socialiser à la piscine.
Et puis je commence à me dire qu’il serait temps de s’y mettre, à ces cours d’éco-droit.
29 Mars – Au-delà (Clint Eastwood)

Bon, en fait, l’éco-droit, c’est extrêmement chiant. Je me souviens que ce blog a vocation de parler (aussi) de choses non-girlies. Le cinéma fera l’affaire. Création de la catégorie “zone critique”, avec l’un des pires films de l’année 2011 – une histoire de communication avec les morts sur fond de tsunami pétri d’anachronismes.
Je m’amuse beaucoup. Je n’ai certes toujours pas de lecteurs, mais je bronze. La vie est belle.
11 Avril- Cinq bonnes raisons d’éviter de sortir avec un riche

Retour en France et véritable démarrage de ce blog. Une amie qui, j’en suis sûre, souhaitera conserver l’anonymat, sort avec un riche. C’est mal. Et ce n’est pas un si bon plan que ça n’en a l’air, ah, ça, non, Madame: mauvais pour la santé, morale comme physique, vous finirez, si vous n’y prenez garde, par retourner rôder auprès de votre ex (oui, l’intermittent du spectacle).
14 Avril – Technolovogie
Les gens tombent amoureux. Et, contrairement à ce que veulent nous faire avaler (sans jeu de mots, je vous assure) les magazines, ce n’est pas FORCÉMENT l’extase. Autre chimère répandue: la technologie moderne nous aiderait dans nos délicates entreprises de séduction. Que nenni – ici est démontée, pièce par pièce, cette légende répandue, à mon humble avis, par Steve Jobs et ses sbires. Préférez le pigeon voyageur.
19 Avril – L’imposteur Magnifique
N’en finissant pas de procrastiner, je recycle ici encore. Une vision toute personnelle de l’Art Immortel d’Yves Klein, le Schtroumpf Ultime.
26 Avril – Fahrenheit 69?
Il fait 34°, l’été s’annonce très, TRÈS chaud, et les signes extérieurs de répercussions hormonales chez nos amis les hommes m’obligent littéralement à prendre la plume, afin de tenter une analyse “à froid” du phénomène.
Accessoirement, les épreuves du BTS sus-mentionnées se rapprochent dangereusement, je procrastine donc de plus belle.
3 Mai – Facebook c’est trop lol (part 1)

Puisque je passe trop de temps sur Facebook (procrastination toujours), il faut bien en parler. Et il me semble – mais me semble seulement – que la Secte de Mark nous propose des applis, soumises à leur propre rythme modesque, toujours plus pernicieuses. Paranoïa? Nous verrons.
BONUS: les fans parmi les fans débusqueront ma photo de classe de 4eme. Terrible, mais authentique.
5 Mai – Petit précis de survie à l’usage des utilisatrices de sites de rencontres
Le printemps évoqué plus haut étant ce qu’il est, le Site de Rencontres devient incontournable pour mes semblables – les célibataires chroniques. Quelques astuces vocabulariales vous éviteront de passer pour ce que vous êtes peut-être – chômeuse, hystérique, gargantuesque, bordélique, toujours en retard, instable et/ou, qui plus est, mauvaise cuisinière.
Si vous cochez toutes ces cases: laissez tomber, et ouvrez un blog.
9 Mai – Glamour ou le complexe oublié
Ca n’allait pourtant pas si mal, dans ma vie, quand le Magazine Féminin se fit un devoir de me rappeler mon indigence. Spéciale casse-dédi à toutes celles qui portent un prénom d’une banalité affligeante, et mode d’emploi pour Lutter Contre la Fatalité.
16 Mai – 5 bonnes raisons d’éviter Cannes au mois de Mai

A vous, les petits, les sans-voix, les sans-accred surtout. A vous, les Oubliés, à vous les Damnés de la Terre : Cannes, en Mai, c’est la lose, en fait. Démo (note pour moi-même: à relire bientôt – en boucle).
BONUS: Mon premier commentaire insultant ! C’est la Gloire, ou je ne m’y connais pas.
18 Mai – Dans son K***, ou le feuilleton de l’été

A peine avais-je posté l’article consolatoire des déçus de Cannes qu’éclata, sans prévenir, l’affaire DSK. Où l’on observe que la télénovella pourrait finalement fort bien rencontrer le succès en notre belle France, et, accessoirement, qu’il serait bon que nos hommes politiques tiennent compte des enjeux plutôt que de l’engin.
21 Mai – Les noirs désirs d’Allan Théo
”Nos quinze ans foutent le camp“, telle était la conclusion tragique de cet article retraçant la déchéance d’Allan Théo, pseudo-idole des 90′s agonisantes recyclé dans le faux hard-pop-rock-mi-porno. Cette retrospective (douloureuse, publics sensibles aux chorés tendancieuses sur orgues Bontempi s’abstenir) de nos jeunes années livre quelques scoops et rend un discret hommage (posthume ou peu s’en faut) au nom de ce blog.
C’était avant, je vous l’accorde, qu’Amy passe larme à gauche et qu’on en vienne à biopicquer Cloclo.
21 Juillet – Comment survivre en festival à l’étranger, sans amis ni CB

Une autoflagellation pénible pour cause de ratage de BTS, s’avérant d’autant plus pénible qu’en fait, je cartonnai lesdites épreuves par Prémonition Douteuse des Sujets (merci encore à Ryanair et ses affaires louches), s’alliant à un manque cruel d’inspiration acquise par un début d’été finalement tout pourri, poussent ce blog inégal autant qu’inégalable à deux mois d’hibernation.
Comme souvent dans pareil cas, les circonstances s’allient pour m’extirper d’un ennui mortifère : ma carte bancaire et l’ami qui devaient m’accompagner au festival de Benicassim décident conjointement de m’abandonner, ne se doutant guère qu’ils ne sont, finalement, pas plus indispensables qu’un parasol à St Malo.
4 Août – Pourquoi je suis célibataire (et comment y remédier, ou pas)
La célibataire chronique que je suis s’interroge sur les raisons de cet état de fait – raisons qui lui semblent, au vu de son entourage féminin, pouvoir concerner quelques congénères. Vous n’êtes pas seules (enfin, techniquement, si, mais on est plusieurs dans ce cas).
Update Mars 2012: il y a actuellement trêve. Et je n’assortis toujours pas mes chaussettes. Les plus fols espoirs sont donc permis à mes semblables.
24 Août – 10 Trucs de Rupturée (dont on devrait s’abstenir)

L’article le plus objectivement utile, à ce jour, de ce blog. Ou comment éviter de s’enliser dans sa rupture en cherchant à la surmonter.
25 Août – L’Armorique, l’Armorique, je veux la voir, et je l’Auray.

Après l’Espagne en solitaire, à l’impromptu, c’est avec une confiance insolente que j’abordai mon périple breton, ponctué de festivals, peuplé d’amis. Munie de ma CB, je me pensais invincible. Erreur.
Echapper à la noyade autant qu’à la cirrhose, en passant par le catch dans la boue et les coups de soleil, “ça se mérite”. Ce que le Routard ne vous dit pas, SD vous le dévoile.A vos ponchurkas.
31 Août – Melancholia

Fin du Monde, dépression et cinéma bourré: ma critique (très) personnelle de ce qui m’apparaît, retrospectivement, comme le Film de l’Année.
15 Septembre – Fâcheux (de la vraie vie et d’ailleurs)

Mûe par une de ces crises de Foi teintée de paranoïa dont j’ai, comme tous les Génies, le pénible secret, je décrète à l’envi mon intention de fermer ce blog.
Aussitôt, des relents misanthropes tendent à s’exprimer, et s’ensuit une typographie sociale des Fâcheux de ce monde – article destiné, si la Sainte Flemme ne s’empare pas (trop) de ma personne, à avoir une suite.
Etrangement, personne ne me lapide. SD a donc encore quelques beaux jours devant lui.
16 Septembre- Facebook c’est trop lol (part 2)

Les plus perspicaces d’entre vous l’auront deviné: ces temps-ci, la nostalgie camarade et tout et tout, c’est pas tellement ma came. Aussi, quand l’ami Mark me rappelle que cet état d’esprit présente chez moi quelque redondance, je ne puis m’empêcher d’alarmer la populace contre les malfaisances des Anciens Statuts, précurseurs – oh bah quelle surprise – de l’infâme Timeline actuelle.
A part ça, on me refuse mon stage pour valider mon BTS. Endless story.
29 Septembre – We need to talk about Kevin

Bon ben c’est pas tout ça, mais je ferais bien de la critique ciné, moi. Un enfant psychopathe, un acteur cougaresque, une mère enjouée comme un hall d’entrée des Baumettes : de quoi tenter de refourguer ma prose à Cinepunch.com.
Contre toute attente: ça marche. Depuis, j’y sévis régulièrement.
8 Octobre – Solitude cinématographique – Prologue

Confession pour un traumatisme. Je suis sûre d’avoir perdu tout crédit auprès de certains d’entre vous en admettant avoir DÉTESTÉ ce film. Ceux-là pleureront des larmes de sang en apprenant qu’en plus, je n’aime pas PJ Harvey.
Comme la différence est parfois lourde à porter. La suite ne saurait, hélas, le démentir.
9 Octobre – Solitude cinématographique – Drive

Un scénario inexistant, une veste en satinette brodée dégueu, un blond inexpressif , une love story moins sexy qu’un roman photo dans Bravo Girl: ce n’est pas une série B de voitures pour gays, mais LE film de l’année 2011 pour tant et tant de gens. A commencer par une partie de la rédac de Cinepunch – une collaboration qui commence bien.
Update 2012: à ce jour, la controverse n’est pas close. Et ne le sera jamais.
31 Octobre – Anthologie d’une arnaque sociale majeure du début du XXIeme siècle: le fuckfriend.

Tout est dans le titre. Le problème, avec le fuckfriend, c’est que le but en est de “ne pas se prendre la tête”, mais de se prendre tout court. Or, c’est raté. Pourquoi? Comment? Le phénomène analysé ici.
Parallèlement à l’écriture de cet article, je décide d’arrêter les fuckfriends.
20 Novembre – Cougars, il est temps de faire Demi-tour

Demi Moore et Ashton Kutcher divorcent. Tout fout le camp, un mythe s’effondre : l’occasion de remettre en question le principe même de cougarisme.
Parallèlement à l’écriture de cet article, je décide également d’arrêter les moins de 25 ans.
5 Décembre – Le cul, c’est la vie (#Aurel)
ROULEMENT DE TAMBOURS ! Comme tous les gens du web qui n’ont pas un rond, et se doivent donc de consacrer quelques temps à la récolte de radis, je commence à embaucher bénévolement. Bienvenue à Aurel, première “guest” et future collaboratrice du “nouveau” SD (pourquoi “nouveau”? Suspense).
Aurel parle de sexe et elle le fait si bien : malgré quelques grognements, signe de l’efficacité de sa prose, les mecs, foncez relire cet article – vous en avez tellement besoin <3.
9 Décembre – Publicommuniqué: Votre TPP est la clé de votre réussite
Le Taux de Putasserie Potentielle : une notion simple, essentielle et pourtant méconnue.
Cela dit, je n’ai toujours pas réussi à optimiser le mien.
10 Décembre – Stalking :le vice du millénaire

Si des raisons personnelles me poussent à écrire cet article , ne comptez pas sur moi pour les révéler maintenant. Il faudrait, pour cela, me rétrostalker assidûment, et la lecture de cet article vous en dissuadera.
Vous rendra paranoïaques et/ou honteux, aussi, mais bon, soyez désinvoltes (et virez-moi ce ticker).
21 Décembre - “Le cul, c’est la vie” vs “Touche pas à mon Yop” (#L’Inconnu)
Droit de réponse à Aurel, par un Homme de ses amis.
Il en faut.
Donc, l’élégance de la théorie du Yop.
Instructif, pour nous, naïves que nous sommes.
21 Décembre toujours – Pourquoi et Comment ne RIEN offrir à Noël
Article utilitaire s’il en est.
De l’Antichambre de l’Enfer (technoculturel) aux Excuses Adaptées, le dilemme de Noël enfin résolu.
A relire au moment opportun. Par ailleurs, tout retour de la part des téméraires ayant testé une mise en application sera particulièrement bienvenu – tout enrichissement du contenu aussi.
28 Décembre – Rédemption Songs – Nicolas Houguet
Un ami écrivain, c’est la classe. Quand il est bon. Et quand ça passe à la radio, ça vaut bien une critique “en urgence, mais -un peu- travaillée quand même” de son dernier bouquin. Quand il est bien. Sinon, j’aurais pas proposé, car lui non plus, il ne me paie pas. Mais il m’offre ses bouquins. Personne ne se paie, en fait, par chez moi.
Cela dit, je bosse 39h par semaine, c’est du soir pour le lendemain, alors pardonnez-moi mais cette critique, elle n’est pas méga-désinvolte. J’en profite quand même pour recommander son blog culture, au nom délicieusement baudelairien : L’Albatros.
29 Décembre – Intouchable , ou comment garder sa dignité face caméra (#Aurel)
Pendant que je tâche de ne pas planter là mon job rébarbatif et faussement rémunérateur, Aurel, elle, fait de la figu dénudée aux Chandelles.
CONFESSION : la copine qui n’a pas été retenue, c’est moi.
PAR CONSÉQUENT JE LE RÉPÈTE: toi qui, parmi mes lecteurs (ne nie pas, je sais que t’es là, le vice du millénaire ne m’épargnant pas), as en ta possession les clichés en tenue légère qui auraient pu faire la différence avec cette vaporeuse nuisette que j’ai envoyée en lieu et place desdits, sois bien aimable pour changer s’il te plaît de me les renvoyer dans les plus brefs délais. Parce que d’après ce témoignage, ça a tout de même l’air moins chiant (et mieux payé) qu’un job pourri à la Défense.
3 Janvier 2012 - 5 “bonnes” résolutions dont on peut s’abstenir

Enlisée dans mon CDI, mi-noyée dans la vodka le champagne, je n’aurais su passer la frontière de la nouvelle année sans vous la souhaiter bonne – en déculpabilisant un bon coup . Arrêtons d’arrêter.
14 Février 2012 – Mises en garde spéciales à l’usage du bouche-trou (#Sic)

BIENVENUE, SIC ! SD délocalise une partie de la production de son contenu outre-mer. Sic rejoint ce qui est désormais la dream team (car elle reviendra, ô oui, elle reviendra) en nous livrant un article des plus pertinents -et des plus cruels sur ce statut sentimental bien particulier que nous subissons comme nous le faisons subir : le bouche-trou. Comment le reconnaître, comment savoir si vous en êtes un(e), comment optimiser votre bouche-trou: Sic vous dit tout.
Parallèlement à la publication de cet article, je me bats avec mon CDI (résultat: double KO) et je décide d’arrêter … de me voiler la face. Car si j’ai arrêté les fuckfriends, les moins de 25 ans, et que le jeune homme qui zone dans ma vie, à la lecture de ceci, n’est manifestement pas (et ne me considère pas comme) un bouche-trou, c’est quoi alors? Ah. Ah.
28 Février 2012- Décryptage “diplomatique” d’urgence

Dans ce monde cruel, il convient de savoir décrypter et/ou utiliser à bon escient certaines expressions des plus fourbasses. Grâce à SD, vous serez bientôt un expert en manipulat… diplomatie.
BONUS: dans les commentaires, une importante contribution de Nicolas H., qui souhaitera, au moins pour la forme, préserver un anonymat dont personne, cependant, n’est dupe. D’autres seraient toujours les bienvenues.
11 Mars 2012 – Saga Laborale I – La minute Pôle Emploi

Inauguration de la Saga Laborale, toujours “in progress” à l’heure où nous n’imprimons pas: appeler Pôle Emploi, c’est chiant, et pas toujours très utile.
21 Mars 2012 – Saga Laborale II – Stratégie de survie au Pôle Emploi (#Aurel)

Tout est dans le titre. Un article mieux qu’utile: indispensable.
Pendant ce temps, je me dis qu’il serait temps, tout de même, d’ouvrir ces fichus cours de commercialisation-mercatique, vu qu’elle ne va pas tarder, cette épreuve de BTS.
25 Mars 2012 – Antégoblogging.
Tiens, SD a un an, et si j’en profitais pour ne pas ouvrir ces cours de BTS?
Update 31 Mars: j’ai AUSSI procrastiné l’anniv de SD. Soyons désinvoltes.
O surprise, scoop, rebondissement! Le VRAI métier d’Aurel n’est PAS “figurante dévêtue pour des films mainstream”. Sous sa blondeur vaporeuse se cache même un parcours exemplaire et des compétences maousses dans un domaine si sérieux qu’il ne saurait trop en être question ici, sous peine de lèse-désinvolture.
Cependant, mes bons enfants, l’ami Paul, qui, contrairement à l’ami Ricoré, arrive rarement au bon moment, encore moins avec son pain et ses croissants, n’oublie pourtant personne lorsqu’il nous invite, tel Marie-Antoinette sous acides en l’an de grâce 1789, à déguster sa brioche.
Enfin, les miettes, quoi.
Confrontée à la boulangerie Paul, Aurel s’est vue dans l’obligation a eu la bonne idée d’élaborer une Stratégie que l’on ne saurait trop recommander, à toute personne ayant velléité à tâter de l’Ass &Dick, de scotcher sur son frigo – même vide.
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Tout commençait bien. Rupture négociée de contrat de travail, calcul rapide sur un simulateur de droits, quelques économies pour tenir le délai de carence, trois clics, une dizaine de photocopies, et je me retrouvai allocataire. En tous cas le temps que le monstre à deux têtes n’ait pas trouvé un motif ubuesque pour me radier et faire baisser les statistiques chomdu, m’avait-on avertie.
Naïveté, ma bonne dame.
Puisque je ne connais pas davantage que vous d’honorable membre de ce temple kafkaïen et ses extensions webesques, j’ai dû m’en tenir aux moyens du bord. Trois mois, et Pôle Alloc ne mérite toujours pas ce nom. Je suis pourtant alphabétisée et équipée de notions de base en navigation internet.
Quelques conseils de survie en milieu hostile – oui, meme en cas de premier entretien s’étant déroulé de manière certes sociologiquement interessante, mais apparemment peu fructueuse:
1/ S’équiper.
L’exercice de communication avec l’ennemi necessite le matériel suivant: ordinateur, téléphone, enveloppes, timbres, monnaie pour les photocopies, temps de cerveau disponible.
Beaucoup.
2/ Ne pas y chercher d’emploi.
Et puis quoi encore? Rendons toutefois à César ce qui est à César, il est tout à fait juste que je n’aurais jamais pensé a faire un contrat pro a 80% du smic pour “évoluer vers le secteur des assurances” apres un bac +6 en droit des affaires et SciencesPo.
Pole Emploi, le conseiller d’orientation qu’il te faut.

3/ Ne pas y dire que vous ne cherchez pas d’ emploi.
Oulala, oui, vous cherchez hein. Dur. Et vous avez plein d’entretiens. Oui oui oui.
A défaut, c’est un coup à se retrouver a une formation obligatoire en rédaction de CV et LM. Voire en cours de francais (c’est votre langue maternelle? Mais vous vous appelez Cassem, non?)
4/ Répondre toutefois systématiquement et rapidememt aux offres transmises par “votre agence”.
Même quand elles ne correspondent ni a votre profil (comment ca, vous aviez passé deux heures et demi à cocher des cases avec un “agent” pour remplir leur base de données de compétences?), ni a votre situation géographique (comment ça, quel est votre problème avec les trois heures de trajet quotidien?), ni a plus de 50% de votre ancien salaire (pas de caprice, on n’est pas là pour rigoler, on est là pour faire bais-ser les stats).
5/ Conserver TOUS les courriers envoyés.
Oui, même les doublons.
L’un contient le code de chomeur secret rendant la création originelle de votre mot de passe sur leur site totalement inutile, l’autre contient le nom de votre “conseiller” que vous ne verrez qu’une fois , le suivant celui de votre nouveau “conseiller”, le suivant l’adresse de l’agence à laquelle vous êtes finalement affilié (trois mois, trois antennes, j’ai bon espoir que ce soit la bonne… Oh tiens, du courrier).
Perdre ces courriers, c’est un coup à devoir les appeler. Et vous ne voulez pas, promis.
6/ Ne jamais, sous aucun pretexte, telephoner a Pole Emploi.
S’ils veulent vous parler, ils appelleront. Il n’y a pas de règle des trois jours, ils l’ont remplacée par celle des trois semaines, d’expérience.

C'est ÇA, que vous voulez ?
7/ S’installer confortablement en cas d’appel de Pole Emploi.
Oui, ca va etre long. Et probablement en plusieurs appels, profitez des coupures ARVR ( attendez-je-regarde-je-vous-rappelle) pour aller faire pipi.
8/ Ne jamais envoyer de recommandé, meme si vous avez la forte impression qu’aucun de vos courriers en lettre simple (et autant de photocopies) ne leur est parvenu
Parce que “Madame, un RAR ne parvient pas directement a l’agence mais est renvoyé a un centre de tri, souvent le temps qu’il soit récupéré il repartira, et de toutes facons vous savez un RAR ca vous assure seulement au niveau de la poste, apres on peut très bien le perdre chez nous“.
Oui, vous avez bien lu.
9/ Ne se rendre a votre agence (laquelle deja? Cf. point 5) qu’en cas d’absolue nécessité, à savoir les entretiens obligatoires.
Rapport a la localisation desdites, la queue, l’accueil, la lumière. Surtout, comme il manquera encore une photocopie (“on ne vous l’avait pas demandée? ah mais si il nous la faut”), autant s’armer de timbres (mais pas de RAR, cf. point 8), refaire des photocopies et attendre. Qu’ils vous rappellent (cf. points 6 et 7).
10/ Bien dormir et se mettre au yoga.
Ou a la méditation. Ou a la lecture de Soyons Désinvoltes. Ou a un machin – autre que Pole Emploi – qui oblige a devenir patient et
détendu, sous peine de mort lente par ulcère.

détendu, sous peine de mort lente par ulcère.
11/ Ne pas travailler. Ou alors, suffisament pour mettre fin a tout contact avec Pole Emploi.
En cas de travail ne remplissant pas cette condition, vous devrez “actualiser votre situation”: nouveaux documents, nouvelles photocopies, cf ensemble des points précédents.
J’aurai prévenu.
12/ S’avouer vaincu. Et travailler. Suffisament, en tous cas, pour mettre fin a tout contact avec Pole Emploi.
Et faire baisser les stats.
Tags:3949, Crise, pole emploi, strategie de survie
En ces temps troublés où les SDF se ramassent à la pelle, il me semble important d’évoquer ce sujet qui nous touche tous, qu’on en ait ou pas : le travail.
Des affres de Paul E. à celles du CDI, la Rédaction (puisque Rédaction il y a désormais) vous narre ses réjouissantes aventures dans cette jungle de subsistance.
Puisque c’est moi la chef (il faut bien l’être quelque part), j’ouvre le bal avec un court billet écrit – soyons honnêtes autant que désinvoltes – il y a un peu plus d’un an, et bizarrement inédit.
Pôle Emploi, ton univers est pitoyable.
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Ce n'est pas moi, usurpatrice.
Ce matin, réveillée inhabituellement tôt par le chant des poubelliers oiseaux, je décide de me faire une journée « trucs chiants ». J’entends par là, me muer en ménagère de moins de 50 ans (lasse de jouer à Tétris dans mon évier), en geekette de bas étage (quand un PC n’affiche qu’un écran noir avec des « à » qui bougent, c’est qu’il est mort ou juste dans le coma ?) et en secrétaire de moi-même.
Courageuse mais pas téméraire – pensai-je naïvement – je me dis qu’un petit coup de fil à Paul E. serait un début plus encourageant que de plonger mes blanches mains dans les verres assiettes de la semaine ou, pire encore, dans les entrailles de feu mon PC.
Un ami sporadique me demandait l’autre jour si j’étais « toujours en conflit avec eux ». Pour clarifier les choses, non, ce n’est pas à proprement parler un « conflit », c’est plutôt Ionesco du côté de chez vous. Ils font leur job. Et leur job consiste à me convoquer toutes les deux secondes semaines pour vérifier que je suis bien en train de chercher un job et pas de flamber les quatre cents euros que m’octroie royalement l’Etat tous les mois, en mojitos à Acapulco demi-pêche à Jouy-en-Josas.
Là où ça devient drôlatique, c’est qu’ils me convoquent, en gros, pour me dire qu’ils n’ont rien à me proposer. Et me demander si par hasard je n’aurais pas une idée de mon côté.
Lasse de recevoir des lettres de menace en recommandé (« si vous vous pointez pas demain à 9h12, vous pourrez dire adieu à vos quatre cent biftons, espèce d’assistée qui-préfère taxer-l’Etat-que-ses-parents»*), je souhaitais donc, en cette riante matinée de Novembre, prendre moi-même un rendez-vous avec ma référente, qui a l’air d’une femme très bien quoiqu’un peu blasée – en même temps, qui ne le serait pas, à passer ses journées à convoquer des gens pour leur dire qu’on ne peut rien faire pour leur cas – et surtout un tantinet distraite, vue sa tendance à me convoquer à deux endroits différents le même jour, ou alors carrément la veille.
* Il faut savoir que le formulaire de demande de RSA comporte CES questions. Pourquoi n'attaquez-vous pas plutôt vos parents en justice afin de les saigner au lieu de vivre aux crochets de l'Etat, hein? Si vous souhaitez en être dispensé, expliquez-vous.
- Oui, alors non, elle est occupée… me dit la secrétaire.
- Mais je ne veux pas lui parler… Je souhaite prendre un rendez-vous avec elle pour que vous arrêtiez de me gonfler nous puissions faire un nouveau point sur ma situation.
- Oui mais, heu, c’est à dire que là, ça va pas être possible parce que notre logiciel a, heu…
- Planté ?
- Voilà, c’est ça.
- Je peux rappeler plus tard dans la journée ?
- Non non, surtout pas (elle panique carrément). Nous, on vous rappellera. (J’ai l’impression de passer un casting. Comme quand j’étais théâtreuse. La VRAIE mission de Paul serait-elle de nous empêcher de nous désaccoutumer des vicissitudes de la Vraie Vie ?). Parce que là comme on n’a plus de logiciel et qu’on sait pas quand on l’aura de nouveau, vous comprenez…
Bon. Sur cette bonne lancée, je décide également d’appeler l’administration principale (là, c’était l’Espace Insertion de Quartier, avec un vrai numéro de téléphone et des vrais gens qui répondent si on insiste un peu). Oui oui, le 3949. Pour une histoire d’identifiants, je vous passe le détail.
J’avais déjà tenté de joindre ce « numéro unique de tous les demandeurs d’emploi » la semaine dernière. Et en avais conclu que c’était bien le problème. Hey, connasse de voix mielleuse, tu sais combien on est, sur ce numéro unique ?
-Tous nos conseillers sont occupés. Merci de renouveler votre appel. Au revoir.
fut la réponse automatiquement générée à mon encontre égard.
Aujourd’hui donc, je retente, pleine d’audace.
-Bonjour. Nos bureaux sont actuellement fermés. Vous pouvez nous joindre le lundi de 9h30 à 17h, le mardi de 10h à 15h, et le mercredi de 8h30 à midi. Merci d’avoir utilisé nos services, et à bientôt au 3949, le numéro unique de tous les demandeurs d’emploi ».
Unique . C’est le mot. Et pas mal dans son genre.
Mes chers compatriotes,
Au programme de cette année, Apocalypse et élections. Cet alléchant programme concernant tous les continents, nul doute que nos chers médias vont nous abreuver jusqu’à l’écoeurement de ce langage bien connu qu’est la langue de bois, mâtinée d’une bonne dose de mauvaise foi réglementaire.
Dans ce contexte, on appelle ça la “démagogie” – et ça fait râler pour peu qu’on s’en rende compte. Mais, vous l’aurez peut-être remarqué, ce ramage voué à vous lisser le plumage sévit également au quotidien. Une base de communication appelée “diplomatie”.
Ayant tendance à en manquer cruellement par nature, je sais que j’oeuvre pour mes semblables en vous en livrant quelques clés. Un décryptage de quelques-unes de ces pirouettes vous permettra d’éviter l’embrumage de cerveau lorsque vous les entendez, et vous épargnera bien des conflits si vous les utilisez. Petit lexique de survie.
“Pas mal, dans son style”.
Cette appréciation vous sauvera de bien des conflits avec des gens chers à votre coeur, ou à votre porte-monnaie. Il est en effet des moments où livrer le fond de notre pensée à quelqu’un qui réclame pourtant un avis sincère, ne peut s’envisager sans crainte de l’incident diplomatique. Lorsqu’une spontanéité kamikaze vous pousserait à répondre “absolument immonde” à qui vous demande ce que vous pensez de son nouveau T shirt/mec/coup de coeur artistique, sachez vous souvenir que c’est un style, forcément un style, et que chacun le sien. Et allez en paix.

Chemise homme Desigual, pas mal dans son style.
“Je te fais confiance”.
LA formule fourbe par excellence. Valorise l’interlocuteur par une notion positive - la confiance, en ne l’avançant pas d’un iota. Proche, dans l’idée, du “je compte sur toi” signifiant avec amabilité “tu as interêt à“, “je te fais confiance” peut être remplacé, dans 96,5% des cas, par un plus prosaïque mais plus franc “démerde-toi”.
Vous doutez? Essayez chez vous. L’ignoble vérité vous apparaîtra soudain dans son évidence tragique, en même temps que des horizons nouveaux s’ouvriront pernicieusement à votre esprit pervers innocent.
“Bientôt”.
Fourbe parmi les fourbes, “bientôt” est un indicateur temporel qui évite d’en donner. Porteur d’espoir pour celui qui l’entend, il l’est surtout de répit pour celui qui l’énonce. “Bientôt” peut tout à la fois signifier dans une heure, demain, le mois prochain, un de ces jours, jamais – ou bien lui-même, c’est-à-dire vraiment prochainement. Quand vous ne savez pas quand, voire quand vous ne savez pas si, dites “bientôt”. A défaut de tranquillité définitive, vous aurez l’avantage de rendre fou vous faire une idée de la psychologie de votre interlocuteur à travers sa notion de “bientôt”, qui s’achève lorsqu’il revient à la charge. Mais souvenez-vous également que si toutes les promesses du monde semblent contenues dans un bientôt, l’inverse est rarement vrai.*
ATTENTION- Certains esprits particulièrement retors réussissent parfois à introduire une précision temporelle illusoire. A titre d’exemple, “dans la semaine” ne précise pas de quelle semaine il s’agit – de même, “dans les jours qui viennent” inclut, par définition, le 29 Février 2016. Ce genre d’amusette est toutefois à manier avec précaution et ne sera reçue sans protestation que par des interlocuteurs désespérés fébriles: amoureux transis, RSAste, comédien(ne) en attente d’un Rôle à Oscar au casting de Moi C Moi, etc. Les autres flaireront la couillonnade l’interprétation personnelle du réel, et pourraient s’en formaliser.
“Son charme réside dans sa légèreté”.
Ah, la légèreté. Qui ne s’est pas laissé charmer par ce joli mot, évoquant la douceur de la plume ou le moelleux d’une mousse aux fruits 0%? Et puis, c’est agréable la légèreté, ça suggère un envol, une élévation…
Et pourtant. Perfidie de notre belle langue que le mot “léger”, dont le sens secondaire est “peu important”. Pire: dont l’un des synonymes est “inconsistant”. Traduisez donc, mes bons amis, ce que peut être une oeuvre/une relation/une femme dont le charme réside dans la légèreté, je n’ai point coeur à le faire. Tout au plus pourrais-je vous suggérer de remplacer par cette expression le plus usité, mais moins classe, “sans prise de tête“, qui a fait son temps.
“Contemplatif” / “Intériorisé”.
Stendhal et Balzac vous sont tombés des mains, vous vous êtes endormi devant The Tree of Life, Cézanne et ses jambons vous consternent et, Malheur parmi les Malheurs, vous devez parler de Drive avec un(e) ami(e) qui a aimé le Somewhere de Sophia Coppola. Le clash culturel semble inévitable. Rien n’est perdu: l’un de ces deux épithètes remplacera avantageusement ce “Chiantissime” qui vous brûle les lèvres.
BONUS: le second pourra aussi servir à prévenir votre ami(e), avec les égards qu’il/elle mérite, que sa nouvelle conquête vous semble d’une froideur proche de la psychopathie. Cela vous abritera tout à la fois du risque de vous tromper et de passer vous-même pour un psychopathe, au cas où ladite personne serait simplement d’un naturel très peu expansif, et de celui de n’avoir pas prévenu, si votre ami(e) venait à se plaindre ultérieurement de se retrouver mi-au fond de la Seine, mi-enfoui(e) dans un bois.
Bien. Vous pouvez maintenant faire face, avec une hypocrisie diplomatie de bon aloi, aux situations les plus reloues délicates de votre quotidien. Votre sens moral n’a plus lieu d’être et vous pouvez laisser libre cours à votre lâcheté naturelle.
Le Monde vous tend les bras.
Cette liste n’étant, bien entendu, pas exhaustive, toute participation à l’enrichissement de ce Savoir Universel est ici bienvenue.
Tags:balzac, contemplatif, diplomatie, Gerry, hypocrisie, je te fais confiance, légèreté, on s'appelle bientôt, on vous rappellera, pas mal dans son style, Somewhere, Stendhal, The tree of life
*Sic, c’est du latin, ainsi la graphie exacte – à laquelle mon invitée tient, m’a-t-elle fait savoir en vraie férue de belles-lettres – est-elle en italique, ce qui pose quelques soucis de publication en ces lieux où l’italique n’est point reconnu dans les titres et où votre servante se permet quelques lignes introductives en italique, justement.
Pardon, amie.
Latin or not, Sic a beau vivre au bout du monde, dans un pays où neige, verglas et températures dangereusement négatives ne sont qu’aimables vues de l’esprit, ne la haïssons guère, son Experience de la Vie et sa plume affûtée en font une invitée de choix qui pourrait fort bien revenir zoner par ici.
Amis, amies, elle nous parle aujourd’hui d’un fait social qui nous concerne aussi unanimement qu’on refuse de l’admettre, et nous en livre les clés, ô combien précieuses.
En ce Jour de Fête Commerciale honnie des célibataires comme des nouvellement-casés qui n’avaient guère prévu de budget-resto, voire, ô Infamie, de budget-cadeau-neuneu, revenons aux réalités – plus ou moins- désinvoltes qui régisssent le coeur des hommes et des femmes modernes.Dura lex, sed lex, Durex.
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Catégorie honnie de notre mondanité exacerbée, le Bouche-trou, qu’on ne veut jamais voir comme tel, n’en est pas moins fort bien représentée. Personne ne veut l’être (mais pour qui me prend-on, enfin ?), et pourtant tout le monde en a déjà eu…
Comment prend-t-on Bouche-trou ? Comme l’on prend femme, par facilité.
Oui, ami lecteur, tu le connais, toi aussi, j’ai nommé l’Ex qui fait mal, le Grand Amour Perdu, ou plus simplement le Salaud/la Salope qui nous a tant fait souffrir (ou pas, mais bon il faut bien une légende personnelle).
Fuyant le visage trop aimé que tu voudrais maintenant oublier, tu te plonges avec bravade (et une pointe d’appréhension) dans la jungle des célibataires. Et devine quoi, depuis ton dernier séjour, les lois du marché se sont encore durcies… Le fraîchement débarqué croit toujours avancer en terrain conquis : en effet, il en était sorti il y a quelques semaines/mois/années avec une fort belle proie, qui avait suscité bien des jalousies, et avait profité pour sa part de l’espèce d’aura inexplicable dont bénéficient les gens maqués sur ceux qui ne le sont pas (injustice colossale s’il en est).
ERREUR ! Laisse moi te dire jeune présomptueux(se) que tu t’es endormi(e) sous tes lauriers.
Tu vas te casser les dents, commettre des erreurs de débutant(e), négliger les précautions d’usage (les préservatifs autant que les questions essentielles du genre « es-tu marié/en couple/zoophile/parent ? ») Une fois que tu auras fui un certain nombre d’appartements à moitié dévêtu(e) , dérangé(e) par une alliance posée sur la commode/des sous-vêtements de sexe opposés à celui de ton partenaire et qui ne sont manifestement pas les tiens/trop d’animaux empaillés dont les yeux mortifiés convergent vers le lit/pire : des vagissements venant de la chambre d’à-côté, ou tout simplement quand tu auras mal aux yeux de scruter ton téléphone en attendant un signe de ton partenaire de la nuit dernière, tu en auras marre de profiter de la Diversité de l’Offre et tu chercheras à te Caser pour Pas Cher.

Autre option, plus honnête. Mais Bidule ressemble rarement à ça - believe me.
Et à ce point-là de l’histoire, tu rencontreras celui ou celle qui te servira de Bouche-trou. Peut-être même l’as-tu déjà rencontré sans le savoir, puisqu’en vertu des Lois de l’Abaissement du Seuil des Exigences en période de manque affectif, tu vas soudain parer ton vieux pote Bidule de toutes les qualités requises chez un prince charmant, parmi elles 1) décrocher son tel quand tu l’appelles et 2) se brosser les dents au moins une fois par jour ne sont pas les moindres.
Rendons tout de même à Bidule ce qui lui appartient : en sus d’être au bon endroit au bon moment pour te cueillir en plein désespoir sans trop de difficultés, il a aussi un sourire, une fossette, quelque chose dans le regard, une odeur qui t’as fait frissonner comme cela ne t’était pas arrivé depuis longtemps dans le vain tourbillon de tes mornes conquêtes. Alors tu t’y accroche comme le naufragé au premier bout de bois qui passe comme à l’opportunité qui te manquait pour Y Croire à Nouveau.
A part pour les plus cyniques d’entre nous, le Bouche-trou est rarement perçu comme tel au premier abord. Alors, bien sûr Bidule n’a pas les fesses fermes de l’Ex, il n’a pas… toujours de répartie, parfois il vous tape dans le dos comme à son vieux pote Machin, il pue, aussi, parfois, peut-être, de la gueule après sa quatrième vodka… oui mais PIRE que l’Ex qui puait avec classe et qu’on embrassait avec la délectation possessive du couple installé.
Le problème avec le Bouche-trou, c’est qu’on est moins patient(e). Et oui, il faut qu’il/elle s’y fasse, il/elle passe après notre glorieuse série de conquêtes toutes plus épanouissantes les unes que les autres, c’est une évidence. Alors non, on ne tolère pas tout de suite de faire des COMPROMIS (sacro-sainte horreur des célibataires). Méfie-toi, lecteur, c’est maintenant que de Type/Fille Bien tu te mue en Connard/Connasse de la Pire Espèce.

Illustration plus réaliste de l'option précédemment citée.
Dans ces moments cruciaux de résistance à l’idée terrible de former un Couple un Vrai (un tatoué ?), une nature méconnue de marchand de tapis fait surface en chacun d’entre nous (pardon Papi Mouloud).
Après l’excitation de l’entrée en scène du Bouche-trou vient le temps des Marchandages Indignes. Mesdames, messieurs, à la carte, nous vous proposons :

Le maître mot du marchand de tapis, celui dont il abreuve ses ouailles, est toujours le même : quoiqu’il vous propose, quoiqu’il exige de vous, et cher lecteur tu sais que ces mots peuvent tout aussi bien franchir tes lèvres, ce sera « sans se prendre la tête ».
ARRIERE, futurs Bouche-trous que nous sommes, cette expression est à coup sûr le signe qu’on va bientôt se la prendre, et à deux mains, en se demandant ce que diable on était allé(e) faire dans cette galère*.
[Note de bas de page] :« I have a dream », en 2012, cette phrase fera se dresser les cheveux sur la tête et celui qui l’emploie sera aussitôt discrédité.

Que faire, que faire ? Ma foi chacun écrit sa propre histoire, mais s’il est vrai que l’Amour change difficilement de visage, il n’en reste pas moins que les BT ont le mérite de boucher nos petits trous et c’est bien agréable, souvent ils nous apprennent sur nous-mêmes, réconcilient avec des gestes oubliés, redonnent un petit coup de jus aux cœurs arrêtés, et permettent, mais oui, c’est cruel, de Trouver Mieux.
Alors soignez vos BT, parlez-leur (comme les plantes, ils comprennent), donnez leur du canigou pour leur pelage, et tachez de ne pas consumer votre âme à les consommer.